Article rédigé par Camille Gillet



Ami-es Rédac’s, Ami-es Clients, il est grand temps que l’on débunke un sujet épineux : les outils d’optimisation sémantique et leur utilité.

Pourquoi vous perdez de l’argent avec les outils d’optimisation sémantique


Je vois sur les groupes Facebook des pros qui demandent si c’est utile ou non de prendre un abonnement à 1.fr, à Ubersuggest (oui, il vient de passer en payant), etc. Je lis aussi des pros qui disent que leurs clients leur demandent x% de « validation d’un outil random ». Je vois donc beaucoup de pros qui se retrouvent en porte à faux avec de bêtes algorithmes érigés en sauveurs sémantiques. Beaucoup de pros qui se remettent et sont remis en question par des lignes de code incapables de faire le moindre café.


Beaucoup de pros qui laissent à des OUTILS le soin de devenir des ARTISANS.


Beaucoup de pros qui devraient lever les yeux de leur clavier pour lire ceci : vous n’avez pas besoin qu’on vous dise comment écrire. Vous savez déjà le faire.


Quand les outils d’analyse sémantique supplantent l’intelligence humaine


A-t-on inventé une IA infaillible et capable de comprendre parfaitement le langage humain ? Non ? Il me semblait bien…

Si Google n’arrive pas (encore) à comprendre totalement notre langage et nos intentions derrière, vous pensez réellement qu’une entreprise inconnue des profanes pourra faire mieux ? Non ? Alors pourquoi vous voulez leur donner de l’argent pour faire quelque chose dont elles n’en sont pas encore capables ?!


En théorie, les outils d’aide à l’optimisation et analyse sémantique sont de super facilitateurs de contenus. En pratique, ce sont encore des balbutiements de l’intelligence sémantique qui sont incapables de discernement. Leur fonctionnement est simple : ils scrapent les Serps existantes sur une requête donnée, analysent ce que font ceux qui sont en première page, et extraient un ensemble de mots qui leur semblent pertinents au bon positionnement.


En théorie, c’est le meilleur moyen d’être certain de penser à insérer tous les bons mots. En pratique, on se retrouve surtout avec beaucoup de « bruit ». C’est-à-dire des mots qui n’ont pas grand-chose à voir avec votre thématique, qui sont des parasites récupérés autour du site, avec grosse extrapolation du champ lexical.


Des mots choisis sans réflexion, mais seulement par calculs, des calculs qui ignorent la logique humaine et l’intention de recherche.


Que fait vraiment le Rédacteur quand il écrit ?


Vous êtes Rédacteur-trice, et on vous demande un texte sur l’optimisation SEO. Vous allez commencer par faire vos recherches (basiques ou complémentaires selon votre niveau de la thématique), vous allez vous imprégner à la fois des informations, de la culture autour de la thématique et de son wording. Vous choisirez un angle d’attaque (Optimisation manuelle, via outils, pertinence de ces derniers, optimisation des titres, etc.), puis vous allez penser votre plan et ensuite vous mettre au travail.


En écrivant, vous allez naturellement utiliser les mots relatifs au champ lexical pertinent pour votre sujet. Parce que pour le traiter correctement, dérouler une pensée construite, vous allez forcément employer les mots qui conviennent pour vous faire comprendre de vos lecteurs. Et, de fait, des bots de crawl.


Vous allez employer les mots « clés », mais également ce qu’on appelle les « cooccurrences » qui flottent autour de ces derniers. Imaginons qu’on vous demande un texte sur la ville de paris. Sur un autre exemple, vous allez mentionner le mot « paris », mais aussi « capitale », « tour Eiffel ». Et puis quoi ? « Dame de fer », « Élysée », « Ville des lumières »… Il ne s’agit pas de synonymes, il s’agit de termes régulièrement associés à la thématique, qui vont vous venir naturellement, parce qu’ils sont liés dans notre imaginaire sémantique.


Oui, écrire des poncifs est utile pour le SEO. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle vous aurez toujours de gros clichés linguistiques dans les articles (Mes salutations à l’île de beauté et au « King of the Pop »).


Et savoir prélever cela, faire la différence entre des termes inutiles et ceux immédiatement associés à une thématique est faisable naturellement avec… du bon sens. Et le bon sens ne requiert aucun abonnement mensuel.


Alors, à quoi peuvent bien servir les outils d’aide à l’optimisation sémantique ?


A vous rassurer. A vous guider si vraiment vous vous sentez perdu dans une thématique.


Mais, de mon point de vue, ils ont surtout tendance à vous bloquer et à vous enfermer dans une logique qui n’est pas humaine, à vous pousser à ne plus réfléchir au sens des mots et à leur ordonnance générale ; bref, à ne plus savoir faire votre travail.


Gardez en tête que ce sont des outils. Ils sont là pour être utilisés, donc pour être utiles. S’ils vous supplantent, s’ils vous brident d’une quelconque manière, c’est que soit ils ne sont pas pertinents, soit vous avez besoin de mieux vous imprégner de votre sujet.


Pourquoi les clients ne jurent que par ces outils ?


Parce qu’il est difficile de savoir juger du ROI d’un texte, et que la Rédaction Web peut coûter très cher. Parce que tout le monde n’a pas le niveau pour juger un texte, que cela demande des connaissances SEO, marketing et littéraires. Et tout ceci s’acquiert avec du temps et de l’expérience. C’est d’ailleurs pour cela qu’on demande au RW de s’en charger, parce que c’est un pro qui a acquis tous ces éléments et qui les maîtrise. C’est cela que le client paie.


Mais vous savez comme moi que le client s’imagine qu’il est roi, quand bien même nous sommes en République. Il a besoin de croire qu’il peut tout comprendre et tout maîtriser, et ces outils permettent de maintenir une illusion à faible coût. Comment ? En générant des chiffres et des graphiques, des courbes et des pourcentages et camemberts.


Pourquoi les clients aiment utiliser les outils d’analyse sémantique ? Parce que c’est facile. On passe le texte à la moulinette d’un bot décérébré et contre une poignée d’euros, on a ou non, la validation chiffrée sous un beau CSS. Ca ne demande aucune réflexion, aucune expertise, seulement de mettre la main à la poche. Et ça fait tellement plus pro de commencer ses mails de prospection par un glorieux « je veux x% sur tel outil » plutôt que par « est-ce que vous pourriez travailler ma stratégie éditoriale ? »


Dans un premier cas, le client est en position de domination, et il adore ça. Dans le second, il admet qu’il a besoin de votre expertise. Et faudrait tout de même pas croire qu’il n’est pas tout puissant !


Oui, je l’écris noir sur blanc : ces outils ont du succès parce qu’ils capitalisent sur les insécurités des clients et des rédacteurs.


De quoi a-t-on besoin pour bien optimiser un texte ?


Thomas Cubel le disait très récemment dans un groupe de Rédac’s : De Google et d’un logiciel de traitement de texte.
Ce à quoi j’ajouterai : De bon sens et de vous faire confiance.


VOUS êtes les pros de la Rédaction Web. VOUS dédiez votre vie professionnelle à comprendre le langage humain et la transmission des savoirs et émotions par écrit. Si on vient faire appel à vous, ce n’est pas pour qu’une solution tierce et artificielle vous explique comment faire votre travail. Ce n’est pas non plus pour qu’un autre humain d’une autre profession en fasse autant.


Vous n’expliquez pas à votre plombier comment et avec quels outils il doit travailler, non ?


Ce n’est pas parce que c’est un métier de mots qu’il n’en est pas moins technique ou noble. Il n’y a absolument pas besoin de rajouter des chiffres pour que cela paraisse sérieux et digne d’un investissement financier et humain. Et si votre client veut vraiment du chiffre, qu’il s’intéresse davantage au ranking réel de ses pages et à leur taux de conversion, plutôt qu’à un bête pourcentage sur une solution à abonnement.


Parce qu’avoir un texte à 80-100% de pertinence d’après un tool ne fait pas tourner un business. En avoir un qui est partagé et fait rayonner la marque, si.


Et ça, ça demande de l’intelligence humaine. Déso pas déso Wall-E.